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Restauration de meubles anciens
Marqueterie Boulle
Depuis trois générations, l'Atelier M.H. POISSON est au service des meubles en marqueterie Boulle et du mobilier de prestige des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.
La Direction du Patrimoine, les collectionneurs privés et les grands antiquaires internationaux nous confient leurs meubles et objets d'art.
Cette confiance résulte d'un souci constant des règles déontologiques liées à la restauration, à la conservation et à la restitution du patrimoine mobilier.

La tradition
Perpétuant le savoir-faire des artisans des siècles passés, l'utilisation de colles animales, le découpage à la main des marqueteries et la gravure au burin font également partie de l'univers d'un atelier de restauration.
L'association de diverses colles à base de protéines animales s'inscrit dans un souci déontologique de réversibilité.
On utilise le bocfil, le chevalet de marqueteur ou la scie à arbalète pour le découpage des marqueteries manquantes de bois précieux. La gravure, qui consiste à reprendre au burin les motifs décoratifs sur les parties reconstituées, est aussi une activité indispensable pour restituer le décor d'origine.

Cabinet en écaille rouge et ébène, XVIIIe
Finitions
Parallèlement à la restauration, les bronzes, la serrurerie, les cuirs, l'horlogerie... sont remis en état avant de retrouver leur place sur le meuble reverni ou ciré.
Vernis gomme laque traditionnel au tampon, rempli ciré et vernis synthétique si nécessaire permettent de protéger un meuble restauré tout en lui donnant son éclat.

La conservation
Les tendances actuelles de la protection du patrimoine accentuent la nécessité de restaurer objets et meubles anciens en préservant leur intégrité physique et historique tout en assurant la réversibilité des interventions.
La régénération des colles anciennes sans dépose des marqueteries s'intègre parfaitement à cette déontologie. Cette technique passe par une phase de stabilisation des substances colorantes.
La réactivation par adjonction de collagène redonne aux colles leurs propriétés d'origine sans détériorer les patines.

La technique
Le choix des techniques de collage et de reconstitution sous vide s'impose lorsqu'il s'agit de restaurer des meubles fragilisés par le temps.
Une répartition homogène de la colle et une grande précision de mise en place des éléments sont les premières qualités de cette technique, qui est aussi utilisée pour faciliter la pénétration en profondeur de matériaux reconstituants dans les parties vermoulues. Les marqueteries recollées avec cette méthode bénéficient d'une mise à niveau régulière qui supprime les étapes de ponçages dommageables pour les bois.

Atelier M.H. Poisson
Possibilités de stationnement.
Etude préliminaire et devis à domicile, exécution du travail dans des délais raisonnables.
Les meubles que nous recevons sont placés en chambre forte.
Nous prenons en charge intégralement la gestion des différents corps de métier susceptibles d'intervenir dans les restaurations qui nous sont confiées.




Marie-Hélène Poisson

Pendule "Tête de poupée", XVIIIe

Cartel en corne verte, XVIIIe
La marqueterie Boulle à travers les siècles

L'art de la marqueterie est très ancien, il apparaît d'abord en Asie Mineure ; sous forme d'incrustation en marbre et ceci autour de 350 avant J-C, exemple : Le Palais du roi Mausole à Halicarnasse. La marqueterie se développe ensuite en Italie et se nomme " intarsia ". Une première technique, consiste à découper des éléments de placages et à les incruster dans des panneaux massifs, se nomme tarcia certosina. Vers le XIVe siècle, ont commence à utiliser un nouveau procédé appelé tarcia geomerica. Cette technique consiste à assembler tous les éléments de placages au lieu de les incruster.
Cette pratique perdurera jusqu'au XV siècle et sera modernisée par Benedetto Da
Maîano (1444 1496). Utilisateur de la perspective et de différents bois colorés, il pourra alors réaliser de véritables tableaux. Dans la deuxième partie du XVIe siècle, la marqueterie est utilisée dans différente partie du monde (essentiellement autour du bassin méditerranéen). Vers 1600, la marqueterie est utilisée le plus souvent avec un décor à l'italienne.
Lorsque en 1667 Colbert créa la manufacture des Gobelin, il s'attacha le service de marqueteurs venus de différents pays européen : (Domenico Cucci, Pierre Gole,
Jacques Sommer…) qui travaillaient déjà pour la couronne. Ces artisans possédaient des techniques qui leurs étaient propre. Domenico Cucci était spécialisé dans la marqueterie de pierres (cabinet du Duc de Northumberland et tables). Pierre Gole quand à lui a utilisé des matériaux à fort contraste ; tel que l'ivoire sur fond d'ébène et aussi des matériaux forts colorés (corne bleu, lapis-lazuli, nacre). A la mort de Jean Macé qui était logé au Louvre, Colbert proposera au roi : " le nommé Boulle, le plus habile de Paris en son métier ".

André-Charles Boulle (1642-1732)
Il était issu d'une famille originaire de Hollande. Son père, menuisier en ébène était installé Montagne Sainte Geneviève depuis les années 1650. André-Charles accéda à la maîtrise avant 1666. La même année que son installation au Louvre (1672) il recevra le brevet signé de la reine d'ébéniste, ciseleur, doreur, sculpteur du roi. André-Charles Boulle n'est pas l'inventeur de la technique qui porte son nom, mais il perfectionna celle-ci par l'emploi de dessins originaux crée par des ornemanistes tel que Audran, Gillot et surtout Bérain. Le tout sous la direction de Charles Lebrun. Il introduisit dans la marqueterie des matériaux inédits (corne teintée, étain et métaux précieux). Ses compositions d'écaille et de métal découpés en superposition ont un aspect différent suivant quelle sont assemblées en partie ou en contre partie. Habile sculpteur et ciseleur cela lui permit d'harmoniser ses décors marquetés avec les bronzes utilisés sur ses meubles. Tout au long de sa vie il s'attacha à magnifier ou inventer des meubles nouveaux tel que : le bureau Mazarin qu'il redessina pour inventer le bureau plat ; la commode, avec la livraison de la paire pour le grand Trianon en 1708. Sa première livraison pour la couronne fut un cabinet d'orgue pour la Chapelle de Versailles.
Au même moment, il réalisa ce qui fut son chef-d'œuvre, le décor en marqueterie des parquets et lambris pour l'appartement du Dauphin à Versailles, ce qui lui valu sa célébrité auprès de ses contemporains. Son atelier ne cessera de se développer tout au long de sa vie. A la mort de Louis XIV (1715) il cédera son atelier à ses quatre fils. Malheureusement celui-ci brûlera pendant l'été 1720. En 1725 Boulle obtient du roi une pension annuelle. Il mourut en 1732 à l'age de quatre-vingt dix ans. Ses fils formés dans l'atelier, perpétuèrent la tradition.
André-Charles Boulle II fut second prix de Rome en sculpture. C'est dans les ateliers de ses fils, que furent formés bon nombre de grands "ébénistes du XVIII siècle (Riesner, Oeben, Levasseur etc.).
La marqueterie Boulle perdurera tout au long du XVIIIe siècle avec essentiellement une production de pendules et cartels, un intérêt renouveler sous Louis XVI. Des ébénistes tel que Levasseur, Montigny et bien d'autre perpétuèrent la renommé de Boulle en restaurant, transformant et intégrant cette technique dans le style néo-classique en faveur à cette époque. Bien quelle ne se soit jamais éteinte, elle eut un essor nouveau au XIXe siècle sous le règne de Napoléon III. Avec de nouveaux dessins, de nouvelles techniques et l'apport de matériaux différents (écaille franche) empruntant ces inspirations dans le style Louis XIV. Ont créa à cette époque des objets nouveaux tels que : boites à gants, caves à liqueurs, boites à thé, meubles à hauteur d'appui etc.…

Aujourd'hui la marqueterie Boulle de renommée mondiale toujours prisée auprès des collectionneurs à travers le monde est visible dans les plus grands musées et collections privés (musée Paul Getty, Louvre, Metropolitan Museum of New York, Frick collection, Reine d'Angleterre…).
Ces meubles nécessite une restauration attentionnée qui doit être exécuté dans des ateliers spécialisés détenteurs d'un savoir faire particulier. Connaissance des matériaux et des techniques anciennes de fabrications, travaillant avec l'éthique de la conservation de ces objets rares.

La restauration de la marqueterie Boulle
La première étape consiste en un diagnostic du meuble ou de l'objet permettant de déterminer les besoins du meuble concilié avec les souhaits du client (conservateurs, antiquaires, particuliers)
La restauration à proprement parler consiste dans un premier temps au démontage des différents éléments (bronzes, serrureries, quincaillerie etc.…).
Viendra ensuite le démontage selon les objets des bâtis. L'éradication des parasites intervient à ce moment là (champignons et insectes). L'ensemble du bâti est consolidé. Si nécessaire les parties de marqueteries existantes peuvent être déposées pour permettre d'accéder au support.
Cette dépose s'effectue toujours en respectant l'intégrité de la marqueterie y compris la pigmentation et coloration de l'écaille. Lorsque la marqueterie est incomplète, les parties manquantes sont découpés dans différents matériaux (laiton, écaille, cuivre, nacre, corne, ivoire etc. …). Nous nous heurtons à de nombreux problèmes d'approvisionnement.
L'écaille de tortue étant protégée par la convention de Washington ainsi que l'ivoire dont le commerce est réglementé et surveillé. D'autres matériaux suscitent des problèmes d'approvisionnement. Telle la nacre par le ratissage intensif des fonds marins ce qui ne nous permet plus de trouver des coquillages de taille suffisante. D'autres matériaux nécessitent la connaissance de métier disparus (ouvrier biscailleur pour le travail de la corne). L'étape suivante consiste au collage.
Aujourd'hui, le collage par le vide s'effectue dans notre atelier avec des colles traditionnelles réversibles. L'emploi de colles synthétique est proscrit. Toutes ses étapes nécessitent des temps de repos et de séchage assez important. L'étape suivante, consiste en un polissage extrêmement mesuré afin de redonner éclat aux différents matériaux oxydés par le temps.
Vient ensuite la gravure au burin des parties neuves. Tous ces travaux s'effectuent à l'aide d'une documentation importante accumulée au cours des générations précédentes.
Pour retrouver l'éclat d'antan, les meubles sont vernis. L'atelier à mis au point toute une série de vernis permettent d'assurer une meilleure protection des objets. Toutes ces finitions sont réversibles et modulables en fonction de la demande de la clientèle.
Avant remontage sur l'objet les bronzes peuvent être nettoyés, vernis ou redorés.
La marqueterie Boulle trouve une place de choix dans les réalisations actuelles des décorateurs. Ces meubles au travers des siècles prouvent que la marqueterie Boulle à une valeur sûre et inestimable.

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